Inktober 2018 - The end.

Bientôt la fin du mois d'octobre et de ces 31 jours d'inktober*.
Je n'ai pas dessiné un nouveau dessin chaque jour car je dois aussi travailler sur le tome 3 de Résilience (et oui), mais j'avais pas mal de dessins non scannés que j'ai pu partager sur instagram.

Voici quelques dessins postés ce mois-ci donc, anciens ou nouveaux.










Si jamais la folie me prend et que je recommence l'année prochaine, j'essayerais peut-être de faire une série de dessins sur le même thème.
On verra !

 A la semaine prochaine pour les derniers dessins, on y croisera sûrement Ellen, de Résilience : )


*inktober : défi qui consiste à réaliser un dessin à l'encre chaque jour (et le partager sur les réseaux) durant tous le mois d'octobre.

Inktober 2018

Agnès, dans une autre vie.



Cette année, je vais participer à "inktober"
(faire un dessin à l'encre chaque jour pendant le mois d'octobre).

Je ne suis pas tout à fait un type honnête, donc je vais surtout utiliser ce prétexte pour poster la pile de dessin qui traîne à côté de mon bureau. Inédits, mais pas forcément frais du jour (comment ça il est pas frais mon dessin ?). Ceci dit, pour bien commencer, celui-ci est tout beau tout frais, et il est même en accord avec la thématique du jour (ouais, en plus il y a une liste de thèmes pour chaque jour, l'enfer).

Bref, tout ceci se passera sur mon compte instagram.
Même si je posterai sûrement l'un ou l'autre dessin par ici !

Phoolan Devi



Petit hommage à l'excellente BD "Phoolan Devi" de Claire Fauvel, aux éditions Casterman. Au-delà de l'aspect historique et réel, j'ai adoré la légende autour du personnage. A lire !

Résilience - Adam, page 7

Un petit bout de la page 7 du tome 3 de Résilience, "La mer de plastique".
Etat des lieux : 9 pages encrées et 25 pages crayonnées sur 60.

Je m'amuse bien, ce qui est plutôt cool au quotidien.


Interlude textuel.


         J’ouvre les yeux. Chambre 309. Presque midi. Les cinq autres font trop de bruit. Je descends l’échelle du lit superposé. Ça grince. Le moche me parle dans sa langue. Comprends pas. Je sors. 

Je longe le couloir carrelé qui menait autrefois à un bloc opératoire. Trois poussettes devant l’ascenseur. Des inconnus. Trop d’inconnus. Je prends l’escalier, « la cage » comme on l’appelle ici. En bas, les mecs zonent sur leurs phones, les filles se terrent dans les chambres. Mois d’août. Chaleur. Rien.

Pas de lettre contre la vitre de l’accueil pour moi. La procédure est procédurière. Deux ans et un mois que j’attends. On attend tous. Positif ou négatif. Pile ou face. Deux mots. Deux vies. 

Dehors, ils montent des tentes militaires. Sur le bitume d’été. Les chambres débordent. Ils ferment d’autres centres. Nous entassent. Pas le choix. 

Je quitte le Centre. Le soleil m’écrase le front. Pas de bus. Je marche. Des champs plats. Des forêts de pins droits. Rien. Ici, au milieu de l’ennui, on ne dérange personne. A peine visible. A peine nuisible. 

Après deux heures de sueur, la ville. Mon dos est un liquide froid. J’ai soif. Je sors mes sept euros de la semaine. 70 cents. Cristaline. 50 cl. J’aurai du prendre de l’eau.

Je colle les façades, à l’ombre. Je l’appelle. Pas de réponse. Plus de réponse. Merde.

Retour au centre. Deux lacs poisseux sous les aisselles. Une douche fraiche en vitesse. En alerte. La porte n’a plus de verrou. Pas envie d’être surpris. Humilié. Encore.

Chambre 309. Crade. Ça pue. Le moche devait faire le ménage. Je lui dis. Il s’énerve. Je ressors. Poussettes, cage, accueil. Une fille a osé s’assoir. Pas longtemps. 

J’essaye le téléphone. Toujours pas de réponse. Merde.

Une femme de l’extérieur dessine avec des ados du Centre. Je lui montre une photo sur mon téléphone : « Mon père. Tu peux le dessiner ? ». Elle accepte. Je ne lui dis pas qu’il est mort. Assassiné. Là-bas. Que ma mère ne répond plus au téléphone. Je me tais. Elle termine. Merci.

Je suis seul, mais jamais tranquille. Il y a toujours quelqu’un qui regarde, qui surveille, qui sourit. Jamais seul et toujours seul. Des inconnus. Trop d’inconnus.

J’attends. Demain peut-être. Positif ou négatif. Pile ou face. Pile tu restes. Face tu retournes là-bas. Non. Pile tu restes. Face tu fuis.

Face tu disparais.

Le Centre – Août 2018.