Dans ma bibliothèque, il y a
certaines BD qui sont bien en vues, toujours à portée de main, au cas
où. Les albums de Soda en font partie. Alors cet été, quand j'en ai pris
un distraitement - peut-être en attendant que mon repas chauffe - est
arrivé ce qui arrive souvent : je les ai tous relus dans les jours qui
ont suivi. Dans le désordre. Comme ça.
Comme mon œil d'auteur s'affine au fil des années (quel vieux gars), cette fois-ci j'ai été particulièrement
épaté par la maitrise des scénarios. Écrire un scénario d'un album
classique, c'est se battre avec la pagination. Raconter en 2 pages, ce
qu'un roman graphique raconte en 20. Faire des choix et des raccourcis,
minuter ses dialogues, être efficace à chaque case et supprimer tout ce
qui ne sert pas l'histoire ou les personnages.
En relisant Soda, je
me suis rendu compte que Tome était de ces scénaristes qui y parviennent
avec talent. Il n'y a rien de trop. Tout est ficelé au millimètre. Les
dialogues sont d'une ironie et d'une efficacité redoutable. Et à chaque
fois, ce flic qui se fait passer pour un pasteur à cause de sa mère
cardiaque. Pas besoin de lire 15 tomes pour le savoir, tout est dit à
chaque début d'album. Différemment, mais pareil.
Des albums comme ça, j'en veux bien des centaines. Alors merci,
monsieur Philippe Tome. Je garde précieusement mes albums de Soda, juste
là, à portée de main.
...
Et j'en profite pour dire tout
le bien que je pense du travail de Bruno Gazzotti et Cerise, qui ont
marqué ma rétine de dessinateur pour longtemps.
Lisez Soda. C'est bon pour le cœur.